La promenade du soir

发表于:2014-06-28 18:44 [只看楼主] [划词开启]
 

La promenade du soir

晚间散步

Souvent, après le dîner qu'Adélia servait à sept heures du soir tapantes, mon père et ma mère, se tenant par le bras, sortaient prendre la fraîcheur. Ils faisaient le tour de la darse humant la brise qui venait de la mer, poussaient jusqu'au quai Ferdinand-de-Lesseps où une odeur de morue salée s'accrochait toujours aux branches basses des amandiers-pays, revenaient vers la place de la Victoire et, après avoir monté et descendu trois fois l'allée des Venues, ils s'asseyaient sur un banc. Ils demeuraient là jusqu'à neuf heures et demie. Puis, se levaient avec ensemble et rentraient à la maison par le même chemin tortueux.

Ils me traînaient toujours derrière eux. Parce que ma mère était toute fière d'avoir une si jeune enfant dans son âge plus que mûr et assi parce qu'elle n'était jamais en paix lorsque je me trouvais loin d'elle. Moi, je ne prenais aucun plaisir dans ces promenades. J'aurais préféré rester à la maison avec mes frères et sœurs. Sitôt que mes parents leur avaient donné dos, ils commençaient à chahuter. Mes frères s'entretenaient avec leurs gamines sur le pas de la porte. Il mettaient des disques de biguine sur le phonographe, se racontaient toutes espèces de blagues en créole. Sous le prétexte qu'une personne bien élevée ne mange pas dans la rue, au cours de ces sorties, mes parents ne m'offraient ni pistaches bien grillées, ni sukakoko. J'en étais réduite à convoiter toutes ces douceurs et à me poster devant les marchandes dans l'espoir que malgré mes vêtements achetés à Paris, elles me prendraient en pitié. Des fois, la ruse marchait et l'une d'entre elles, la figure à moitié éclairée par son quinquet, me tendait une main plein:

    Tiens pour toi! Pitit à manman! 

Maryse Condé, le cœur à rire et à pleurer, contes vrais de mon enfanceRobert-Laffont

经常是晚饭后,当阿迪利亚教堂每晚七点钟的钟声准时响起的时候,我的父亲和母亲就手挽着手,一起出门散步乘凉去。他们先绕着港湾转一圈,微风从海面吹来。然后一直走到费迪南德莱赛普码头,那里的腌鳕鱼的气味在杏树下一直挥之不去。 接着他们又回到维多利亚广场,在维纳斯小巷上上下下走上三个来回后,他们在长凳上坐下来。他们就在那里一直呆到九点半,然后两个人起身,经过曲曲折折的小路回家。

他们总是把我拖在身后。 因为我的母亲为在她已经四五十岁的时候还能有如此小的孩子而倍感自豪。 当我不在她身边的时候,她根本无法平静下来。而我,从不认为散步有什么乐趣,我倒宁愿和哥哥姐姐呆在家里。只要爸爸妈妈一离开,他们就欢闹起来。 哥哥和他们的女朋友站在门口聊天,唱片机里放着安的列斯群岛的比吉纳舞曲,他们用克里奥尔语开着各种玩笑。 有教养的人是不能在大街上吃东西的,在这样的理由下, 我的父母在出来散步的路上,既不给我买烤得香喷喷的开心果,也没有核桃棒棒糖。我只能沦落到自己跑到小贩子那里, 眼巴巴地觊觎着摆在摊子上的糖糖果果,妄想他们能忽略我身上穿的在巴黎买的衣服,发发慈悲给我一块糖吃。有时候,在叫卖的小贩中,其中一个会对我伸出一把抓满糖果的大手,煤油灯照亮了她的半边脸:

     “拿去吧!没妈妈的小可怜!”

玛丽斯 康德, 《欢笑哭泣的心,我真实的童年故事》, 巴黎罗伯特-拉封出版社

分类: 文化娱乐
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